Le Chêne liège - recours aux ressources symboliques de la nature

Publié par Les Belles du Baou

C'est un chêne des sols acides. Il se différencie de ses cousins par son feuillage persistant, des feuilles oblongues légèrement dentelées et non lobées , mais surtout par son écorce, épaisse et spongieuse : le liège, qui a la faculté de repousser lorsqu'on la lui enlève.

Depuis la haute Antiquité, le chêne liège est le compagnon de l'homme qui a su tirer profit de ses grandes qualités. Toiture pour les premières habitations, flotteurs, bouchons des amphores, sarcophages, plats, parquet, isolant de la maison et même des fusées spatiales ! La liste est loin d'être exhaustive. 

Il faudrait des heures et des pages pour révéler toute la grande et belle histoire du chêne liège ! C'est un de mes arbres totem, j'ai eu le plaisir de le découvrir en profondeur et de contribuer à sa protection en site Natura 2000 dans le Var avant de devenir artisane.

Il était donc naturel que le liège soit toujours présent dans mes créations. Voici ci-dessous quelques échantillons de mon immense photothèque, en espérant vous faire passer un agréable instant!

Marie-Dominique des Belles du Baou :-)

   Le liège : symbole d'autoguérison et de régénération par la complétude de l'être, ouverture à un nouveau cycle. Les blessures ne sont plus une gêne, on a appris à s'aimer et à se respecter soi-même.  

Allons plus loin dans notre petite balade symbolique en suberaie (nom de la forêt de chêne liège : Quercus suber en latin). 

Le Chêne liège - recours aux ressources symboliques de la nature
Le Chêne liège - recours aux ressources symboliques de la nature
Le Chêne liège - recours aux ressources symboliques de la nature
Le Chêne liège - recours aux ressources symboliques de la nature
Le Chêne liège - recours aux ressources symboliques de la nature

Une écorce épaisse et protectrice, surtout en cas d'incendie de forêt très fréquents malheureusement dans nos régions méditerranéennes.

Un savoir faire qui se perd avec le départ des anciens : 

La levée du liège, ou démasclage, une opération délicate, à l'ancienne, à la main, sur des arbres d'au moins 25 ans et dans des conditions particulières de température, d'hygrométrie... Généralement au petit jour de fin juin à début août, et seulement tous les 10-12 ans pour ne pas fragiliser l'arbre, le temps que l'écorce se reconstitue.

On distingue le liège mâle du liège femelle. Le liège mâle est le liège gris de surface, le liège femelle est la couche inférieure qui s'épaissit et prend en qualité après au moins 3 levées. C'est avec ce dernier que l'on fabrique les bouchons, car le plastique n'est guère approprié pour les vins de garde. Le liège de moindre qualité est employé pour la fabrication d'isolants, parquets, etc ...  l'agglomération du liège est possible grâce à la subérine, un polymère, une colle naturelle qui permet l'agglomération du liège en plaques que vous trouvez dans les magasins de matériaux ou vos dessous de plats !

Symboliquement, en tenant compte de l'analogie entre l'arbre et l'Homme mise en évidence dans beaucoup de cultures et de religions depuis la haute Antiquité, la sylviculture de la chênaie de liège représente un travail régulier sur soi pour atteindre un équilibre entre le principe masculin et féminin de l'être. Plusieurs siècles de patriarcat ont délaissé le côté féminin, le domaine des émotions, de la sensibilité et de l'intuition. Il faut être fort dans la compétition, l'effort, la confrontation, la victoire par Ko.  La complétude de l'Être est l'équilibre retrouvé dans une force tranquille bienveillante qui chemine d'égal à égal avec l'intelligence émotionnelle du coeur et de la compassion. Cet équilibre permet des relations apaisées entre soi et soi, soi et les autres, plus besoin de lutter contre, on agit et on vit pour. Par un travail attentionné et délicat, cycles après cycles et donc avec le temps, on guérit de ses blessures pour se libérer de leurs douleurs. Régénérés, une nouvelle vie pleine de promesse s'ouvre à nous !

Rappelez-vous de cette belle histoire dans la mythologie : les Hamadryades, nymphes cousines des dryades, restent exclusivement rattachées aux chênes liège. Principe féminin de leur arbre, elles demeurent sous son écorce, le protègent et dansent autour de lui, l’un ne pouvant vivre sans l’autre. Entrons dans la danse et travaillons à l'union du masculin et du féminin en nous!

Opération séchage, avant de partir pour la transformation.

Isolant thermique, phonique, ignifuge, le liège est "le" matériau du développement durable. C'est aussi un excellent puits de carbone. Les suberaies constituent également de précieux habitats pour la biodiversité (chauve-souris, insectes, oiseaux, amphibiens...). C'est d'ailleurs pour cela que dans les sites Natura 2000 des mesures de protection et de régénération des suberaies sont mises en oeuvre et en partie financées par des fonds européens. En effet, la régénération naturelle n'est pas toujours possible : glandée insuffisante, ravageurs, présence d'espèces aux dynamiques de peuplement concurrentielles, le chêne blanc par exemple, changements climatiques empêchant les glands de germer et de se développer... C'est pourquoi, on procède par griffage du sol pour provoquer des rejets au niveau des racines de l'arbre. Après 2 ou 3 ans, les brins sont sélectionnés afin d'obtenir un nouvel arbre. Cette solution n'apportant pas de renouvellement génétique de la forêt, des opérations de semis de glands sélectionnés sont aussi pratiquées. 

Le chêne liège pousse sur tout l’arc méditerranéen : Italie, Sicile, Corse, Var, Pyrénées, Catalogne mais aussi au Portugal (les plus gros producteurs de liège), en Afrique du nord ; il est également présent ailleurs en France dans les Landes et le Lot et Garonne.

Voici donc un tout petit aperçu de l'univers des suberaies que je développerai sans doute dans des publications à venir, à bientôt pour de nouvelles balades :-)

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